
mardi 3 novembre 2009
Canal MOSELLE-SAONE

Le projet Moselle-Saône passe par Dijon
«Moselle-Saône devient le cœur du projet, et les études doivent prévoir la faisabilité d’un barreau vers le Rhin à partir de cette liaison», assure le président Rossinot
La jonction fluviale entre Moselle et Saône est en bonne voie. A Dijon, l’association Seine Moselle Rhône obtient le renfort de la Bourgogne et le soutien de l’Etat pour réussir le débat public programmé en 2012.
L’association Seine Moselle Rhône a dignement fêté, hier à Dijon, son dixième anniversaire. L’association que préside André Rossinot, ancien ministre, président de la communauté urbaine du Grand Nancy et qui réunit une cinquantaine de membres dont des collectivités, chambres consulaires, armateurs fluviaux, et grands ports maritimes, est venue en terre bourguignonne renforcer sa légitimité «et naturellement aussi la crédibilité du projet pour lequel nous militons depuis une décennie », constatait André Rossinot. Le projet de liaison fluviale à grand gabarit entre la Méditerranée et l’Europe du Nord et de l’Est a obtenu l’onction législative, via le vote unanime pour les objectifs du Grenelle 1, cet été, avec le fameux article 11 qui programme le débat public sur Moselle-Saône d’ici 2012 sans négliger l’intérêt d’une connexion fluviale entre la Saône et le Rhin. «Mais il ne sera pas question de compétition entre la voie lorraine et la voie alsacienne. Moselle-Saône devient le cœur du projet, et les études doivent prévoir la faisabilité d’un barreau vers le Rhin à partir de cette liaison », assure le président Rossinot.
Unanimité
Moselle-Saône bénéficie aussi de l’onction présidentielle délivrée de Woippy le 8 octobre dernier. Nicolas Sarkozy y avait évoqué un débat public autour d’une plateforme multimodale logistique sur la Moselle, liant cette annonce à la perspective de réalisation du canal Saône-Moselle. L’assemblée générale de l’association a permis de muscler un peu plus l’unanimité que suscite désormais ce projet fluvial dont plus personne ne nie la pertinence. «C’est un enjeu essentiel pour notre région », estime François Patriat, président du conseil régional de Bourgogne. L’Etat ne pouvait pas être en reste. Marc Papinutti, directeur des infrastructures de transports au MEEDDM (Ministère de l’environnement et développement durable) confirmait les orientations destinées à consolider la phase de préparation du débat public. Voies navigables de France (VNF) sera bien le maître d’ouvrage du projet. Une équipe en son sein sera spécialement dédiée au projet Moselle-Saône.
Le préfet de Lorraine sera le coordonnateur. Des études complémentaires pour affiner les évaluations de trafic et éventuels raccordements fluviaux et ferrés seront engagées. Pour ce faire, l’Etat apportera, dès 2010, une enveloppe de 4 m€ via l’AFITF (Agence de financement des infrastructures de transport en France), les collectivités devraient y mettre autant, sinon davantage, pour mener à bien cette phase de préparation du débat public qui doit durer près de deux années. L’association Seine Moselle Rhône demande enfin, à travers une motion votée à l’unanimité, que soient respectés le calendrier et la mise à disposition de moyens humains et financiers. Elle veut être partie prenante au sein du comité de pilotage du projet. La représentativité de l’association qui réunit des acteurs territoriaux toutes sensibilités confondues sera un atout important pour faciliter le dialogue entre régions, et surtout remporter la bataille de l’opinion publique. «Nous serons un relais d’information et un outil de mobilisation en faveur du projet. Il nous faudra faire beaucoup de pédagogie », affirme André Rossinot.
Bernard KRATZ.
Publié le 03/11/2009
voir aussi :
Les Travaux de Canalisation de la Moselle
Vers de nouvelles perspectives d’avenir
par Jacques FOURNIER
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